TRANSFERT DES PRISONNIERS DE OUAD NAGA
Communiqué Conjoint
Nous avons été informés, par le Collectif des Familles des condamnés du procès de Ouad Naga, que ceux-ci ont été enfin transférés, dans la nuit du 19 au 20 mai, à la prison civile de Nouakchott.
En effet, depuis leur condamnation par la cour criminelle de Rosso siégeant à Ouad Naga , le 3 février 2005 à l’issue d’un procès caractérisé par les violations des droits de la défense et qualifié d’inéquitable, les trente deux détenus sont restés confinés dans la désormais fameuse caserne de gendarmerie ; là, des conditions iniques leur furent appliquées par les geôliers, dont la responsabilité administrative entretenait la confusion entre les ministères de la justice et de la défense, malgré le décret pris par le premier, en juillet 2004 : il y désignait la caserne Ouad Naga, comme étant une prison civile ; cette situation hybride, jusqu'à ce jour, sera quotidiennement dénoncée, par les proches et les défenseurs.
Le transfert, dans une prison civile, répond à la demande formulée depuis le prononcé du verdict et durant la détention préventive, par les détenus, leurs familles, avocats et les organisations de défense des droits de l’homme, réunies au sein du FONADH, en particulier SOS-Esclaves et l’AMDH .
Nous prenons acte de cette décision raisonnable, réclamons et encourageons :
- que les autorités pénitentiaires prêtent plus d’attention au traitement de ces détenus suivant les normes fixées par la loi et les textes internationaux ratifiés par notre pays ; ces repères doivent être la seule règle administrant le séjour en prison.
- qu’il soit permis aux familles de les visiter sans restriction et dans la légalité.
- qu’il soit accordé, au bénéfice de l’ensemble des détenus, une visite médicale, surtout à ceux d’entre eux qui sont des malades chroniques ;
- que leur soient aussi garantis, et sans restriction, les entretiens nécessaires avec leurs avocats.
- enfin, que les autorités judiciaires et pénitentiaires autorisent les ONG de défense des droits de l’Homme, à visiter les prisons et enquêter sur les allégations de torture ; cela permettrait d'établir la réalité sur cette pratique et de lever les équivoques ; bien entendu, l’objectif irréductible demeure la prise des sanctions disciplinaires appropriées à l’encontre des auteurs de ces actes, cela sans préjudice des éventuelles plaintes et poursuites judiciaires que les victimes pourraient déclencher, à tout moment.
Nouakchott, le 22 mai 2005
Pour l’AMDH : Maître Fatimata M’Baye, Présidente
Pour SOS - Esclaves : Boubacar Messaoud, Président