Communiqué de presse de SOS Esclaves
SITUATION DES PRESUMES PUTSCHISTES DETENUS A OUAD NAGA
Depuis les 13 et 14 juillet 2004 les détenus militaires de Ouad Naga
sont confiés au capitaine Hmoudi Ould Taya, commandant de la base de la
gendarmerie de Ouad Naga ; sous son autorité, les violations de leurs
droits sont très régulièrement signalées.
Parmi celles-ci les actes suivants son établis, par une conjonction de
témoignages :
- les contrôles inopinés des bagages et des visiteurs, à des fréquences
très rapprochées, s’effectuent de manière vexatoire et humiliante. A la
suite, certains détenus subissent des châtiments sévères ; ainsi, le 13
septembre, menotté, sans couverture ni nourriture, Mohamed Ould Sidi
Mohamed, a été astreint à 24 heures de « trou ».
- le colonel de la gendarmerie Mohamed Koné aurait soumis les détenus à
un interrogatoire, dans des heures tardives du soir, cela bien après
l’ordonnance de renvoi et sans la présence de leurs avocats.
- le jeudi 23 septembre à 15 heures, des avocats sont repartis de Ouad
Naga sans avoir pu communiquer avec certains détenus qu’ils avaient
demandés, au motif que le temps imparti aux défenseurs est épuisé. Or
il n’existe, en procédure, aucune limite réglementaire qui empêcherait
l’avocat de parler, pendant la journée, avec ses clients.
- Les allégations de torture se multiplient à l’endroit d’officiers
supérieurs, dans un climat de ressentiment tribal dont les conséquences
risquent de s’exacerber au-delà du verdict.
Le comble vient par le communiqué du Ministère public mercredi 22
septembre 2004, lequel appelle les observations suivantes :
1. le représentant de l’Etat reconnaît que l’instruction a été faite par
lui et en collaboration avec le juge d’instruction, sans la
participation des avocats ;
2. il décide de juger les détenus durant la session du 21 novembre 2004,
ceci nonobstant la décision de la Cour Suprême qui pourrait
juridiquement modifier, de façon substantielle, la procédure en cour ;
cette façon de préjuger sur la volonté de la Cour Suprême ne compromet
pas seulement l’espoir, pour les détenus , de bénéficier d’un un
procès équitable mais décrédibilise un peu plus la justice
mauritanienne.
SOS Esclaves :
- Condamne toutes les violations dont sont victimes les militaires
détenus à Ouad Naga ;
- Interpelle les autorités à plus de rigueur dans le respect des
droits essentiels de ces prisonniers;
- Exige la mise en place des conditions d’un procès équitable.
Nouakchott, le 26 septembre 2004
Pour le Bureau Exécutif, le président Boubacar Ould Messaoud