LE POINT SUR LES ARRESTATIONS EN MAURITANIE


Nous sommes très préoccupes par les risques élevés de l'usage de la torture contre les détenus, que personne n'a jamais vus depuis leur arrestation. Nous lançons un appel insistant pour une mobilisation forte pour le respect de leur intégrité physique.

Voici les dernières informations que nous avons pu recueillir :

1 . parmi les civils

- Mohamed Mahmoud Ould Hanena (frère ainé de Salah Ould Hanena), son fils Ely Cheikh (20 ans), sa fille adoptive Lettou et les deux fillettes de celle-ci, avaient été arrêtés, la nuit du mercredi au jeudi à 2 heures 30, dans leur domicile de Nouakchott.

- Le jeudi Ismael Ould Regad est arrêté, dans la mâtinée, à la gare routière où il s’apprêtait à embarquer dans une voiture de transport, pour Dakar pour une visite de contrôle médical, au centre neurologique de FANN. Toutes ces personnes sont relâchées, par la police, le jeudi soir à 23 heures.

- Un commerçant, nommé Moulaye Ould Brahim, de la tribu Taghat, est recherché ; son frère, dont le prénom nous est inconnu, a été retenu en otage par les forces de sécurité.

2. parmi les militaires :

- le 26 septembre le colonel Cheikh Ould Abdallahi, Commandant la base militaire de Boulanoir, relevant de la 1ère Région militaire ( ville de Nouadhibou ) ;

- le capitaine Dahanna Ould Sidi Mahmoud Ould Salah, Commandant de l’artillerie à la 1ère Région. Il a été arrêté à Nouakchott, le jour même où il revenait de son congé passé dans la ville d’Aïoun. A son arrivée au domicile de ses beaux parents où se trouvait son épouse, il a trouvé des éléments de l’armée qui l’y attendaient avant de l’embarquer.

Il est à noter que Dahanna Ould Sidi Mahmoud est l’époux de la fille de Monsieur Rachid Ould Salah, le Président de l’Assemblée Nationale appartenant également à la tribu des Oulad Nasser ; l’un des neveux de Rahid Ould Saleh est détenu parmi la vague du 9 août.

- Le capitaine Amar Ould Amar Jowda, instructeur à l’Ecole Inter Armes d’Atar (EMIA) ; ce dernier a été arrêté à l’hôpital National de Nouakchott où il passait une visite médicale pour laquelle il est venu spécialement d’Atar;

- Vers le 25 septembre, après l’annonce de l’arrestation de Abderahmane Ould Mini, le capitaine Moustapha Ould Cheïbani, du Bataillon des Blindés (BB), a été arrêté ; il faisait parti des 11 présumés comploteurs du 9 août, relâchés il y a quelques semaines. Cet officier est de la tribu Idaouali ; un autre capitaine du BB aurait été également appréhendé dans les mêmes circonstances, son nom n’est pas encore connu ; il serait de la tribu des Oulad Ebyèri.

Aujourd’hui, des informations non confirmées font état de l’arrestation de deux officiers de la garde Nationale ; leurs identités ne sont pas encore connues, ils seraient, tous deux, de la tribu des Oulad Nasser.

Aucune information sur les conditions de détention, ni les lieux exacts de détention des militaires, ne nous est parvenue ; certains seraient à l’Etat Major de la gendarmerie et les autres à la Base Marine de Nouakchott.

Il y a 1 mois et demi, les militaires dans cette situation étaient au nombre de 20, dont le moins gradé était un lieutenant ; les autres étaient commandants et colonels. 15 se trouvaient à la Base Marine de Nouakchott, et 5 à l’Etat Major de la gendarmerie.

Avec les nouvelles arrestations opérées jusqu’à ce matin, ils étaient 23 officiers, dont 12 des Oulad Nasser ; les autres appartiennent à différentes tribus.

En ce qui concerne le lieutenant colonel Cheikh Ould Abdalahi, arrêté à Boulanoir ; l’on ignore où il se trouve exactement, s’il est resté à Nouadhibou ou s’il a été ramené à Nouakchott.

Quant à l’officier Abderahmane Ould Mini, son arrestation a été annoncée mais ne fait l’objet d’aucune autre information.

Selon leur parents rencontrés, les militaires détenus sont tous relativement jeunes ; les plus âgés parmi eux auraient 41 à 42 ans.

Aujourd’hui, à 12 heures 30, nous avons été informés des dernières arrestations suivantes au sein de la tribu Oulad Nasser ; toutes sont confirmées par des proches :

Les gendarmes (des adjudants chefs) arrêtés le jeudi 30 septembre, tous anciens commandants de brigade, relevés de leur poste depuis quelques temps, se trouvaient à Nouakchott, sans affectation au moment de leur arrestation :

- Mahfoudh Ould Ahaïmer
- Mohamed Ould Ouwess
- Mhadi Ould Sid Elemine

Sont arrêtés en service ce jour, 1 Octobre, les lieutenants :

- Faïle Ould Wedha
- Ohamed Ould Krombole
- Kaba Ould Henoune
- Moussa Ould Ely Ould Sedoum, neveu du Colonel Mohamed Ould Abdi, ancient aide de camp du Chef de l’Etat, actuellement en formation aux Ecoles de Guerre de Paris.
- Hassen Ould Abdi, frère du précité
- Ely Ould Khaïri.

Ces 8 personnes viennent s’ajouter aux 12 détenus précédents de la même tribu. Voici le complément de la liste :

- Colonel Sidi Ould Ely Savi
- Colonel Zeïdane Ould Sidina
- Colonel Cheikh Ould Abdallahi
- Commandant Sidaty Ould Mohamed Mahmoud
- Commandant Bouna Ould Ely
- Commandant Brahim Ould Bakar
- Commandant Ahmedou Ould Ahmed Taleb
- Commandant Salah Ould Sidi Mahmoud
- Commandant Seyid Ould El Assri
- Capitaine Dahanna Ould Sidi Mahmoud
- Capitaine Amar Ould Amar Jowda
- Lieutenant Hamada Ould Abdi