FORUM DES ORGANISATIONS NATIONALES DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME FONADH
DECLARATION
Le Forum des Organisations Nationales de Défense des droits de l’Homme (FONADH) a appris, avec indignation, l’arrestation, le 25 avril 2005, de Maître Mohamed Ahmed Ould El Hadj Sidi, avocat, défenseur des droits de l’homme; le commissaire du Palais de Justice de Nouakchott l’a conduit, immédiatement, à l’Ecole de Police où seraient détenues une quinzaine de personnes, dont le jurisconsulte Cheikh Mohamed El Hacen Ould Deddew et l’ex diplomate Mokhtar Ould Mohamed Moussa. L’opposant Mohamed Jamil Ould Mansour ferait l’objet de recherches.
Il y a lieu de rappeler, que les trois personnalités du courant islamiste réformiste ont été emprisonnées, à plusieurs reprises, entre mai 2003 et octobre 2004, puis remises en liberté provisoire, après quelques mois de détention, sans savoir, exactement, pourquoi elles furent ainsi neutralisés, de manière extra-judiciaire.
Le FONADH, suite à la déclaration datée du 25 avril 2005 et publiée par la police, exprime sa vive préoccupation et craint que des aveux montés de toutes pièces, en vue d’une exploitation télévisée, ne viennent servir de « preuves » à un prétendu « complot terroriste », que les autorités mauritaniennes s’obstinent à vouloir provoquer ou créer, dans notre pays.
Le FONADH demande :
- à la communauté des partenaires de la Mauritanie, d’observer, envers l’arbitraire en vigueur dans ce pays, l’attitude de fermeté vigilante, que requièrent la défense de la dignité humaine et la nécessaire prévention des sources de conflits civils.
- aux autorités mauritaniennes de respecter l’intégrité physique et morale des détenus.
- à la société civile mauritanienne et internationale, d’engager une action d’urgence, afin que les personnes privées de libertés soient libérées, sans condition ou jugées, avec diligence, par les juridictions compétentes.
Nouakchott, le 27 avril 2005
Organisations membres signataires:
1. Association Mauritanienne de Défense des Droits de l’Homme (AMDH) , observateur à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples CADHP;
2. SOS-Esclaves, observateur à la CADHP;
3. Groupe d’Etudes et de Recherche pour la Démocratie et le Développement Economique et Social (GERDDES), observateur à la CADHP;
4. Comite de Solidarité avec les Victimes de la Répression (CSVR), observateur à la CADHP;
5. Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT) ;
6. Collectif des Veuves ;
7. Collectif des Rescapés Militaires ;
8. Collectif Aide et Partage (CAP) ;
9. Collectif Enfance Sans Partage ;
10. Collectif des Fonctionnaires et Travailleurs victimes des Evênements de 89-91 ;
11. Collectif des Familles Séparées par la Déportation ;
12. Collectif des familles des Anciens Détenus Politiques ;
13. Ligue Africaines des Droits de l’Homme (section de Mauritanie);
14. Collectif des anciens Fonctionnaires de la police.
Annexe I :
Personnes interpellées et détenus au secret à partir du 25 avril, selon les informations recueillies le 27 Avril 2005 :
1. Mohamed El Hassen Ould Deddew, jurisconsulte
2. Moctar Ould Mohamed Moussa, Président du Conseil National du Parti de la Convergence Démocratique (PCD), parti non reconnu par le gouvernement
3. Bounena Ould Mohamed Salem, professeur
4. Maître Mohamd Ahmed Ould El Hadj Sidi, avocat à la cour, défenseur des droits de l’homme, militant actif du syndicat des enseignants du Supérieur ; il devait se rendre, le 27 avril en Jordanie, pour représenter la section mauritanienne à la Conférence des syndicats des Jeunes Avocats Arabes ;
5. Mohamed Lemine Ould Moustapha, imam de la mosquée Talha à Arafat
6. Abdallahi Ould Eminou, imam de la mosquée El Ikhlas de Tinsouélim
7. Mohamed Sidiya Ould Jdoud, connu sous le nom Newewi, directeur de Mahadra dans le département de Boutilimitt
8. El Hassen Ould Habiboullah, imam de la mosquée Tewfiq du Carrefour
9. Sidi Mohamed Ould Seyidi, homme d’affaires, grossiste en produits pharmaceutiques
10. Cheikhani Ould Beyba, secrétaire général de l’association El Hikma, ancien responsable de campagne à Nouakchott du candidat au élections présidentielles de 2003, Mohamed Khouna Ould Haïdalla
11. Habib Ould Hemdeïtt, conseiller du ministre de la culture
12. Ahmed Ould El Kowry, imam d’une mosquée de Dar Naïm
Personnes recherchées :
1 : Mohamed Jemil Ould Mansour, écrivain, Vice Président du PCD, parti d’opposition non reconnu par le gouvernEment, ancien maire de ARAFAT, principale commune de Nouakchott, la capitale ;
2 : Khattri Ould Hamed, ancien chef de service à l’Orientation Islamique (ministère de la Culture)
3 : Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh, Secrétaire Général de l’Association Nationale pour la Défense de la Palestine et de l’Irak
Annexe II :
Déclaration publiée, en catimini, par la Police et datée du 25 avril:
“Déclaration
Les services de Sécurité ont reçu il y a trois semaines, spontanément, les aveux de quelques éléments affiliés à une organisation terroriste, qui leur ont révélé l’existence d’une structure dangereuse dans le pays .
L’enquête en cours, a d’ores déjà établi que ce groupe a envoyé une vingtaine d’éléments en formation militaire auprès de G.S.P.C., dont le premier contingent de sept (7) éléments est revenu dans le pays.
Ces éléments ont été arrêtés et placés sous enquête. Le reste du groupe se trouve encore dans les camps d’entraînement du G.S.P.C.
Le démantèlement dans notre pays de cette structure, rentre dans une phase nouvelle, avec l’arrestation ce jour, sur dénonciation, des principaux chefs de cette organisation.
Nouakchott le 25 Avril 2005
LE DIRECTEUR DE L’INSPECTION ET DE l’ETHIQUE
PORTE PAROLE DE LA POLICE NATIONALE
Commissaire YAHFDHOU OULD AMAR »