SOULAGEMENT ET VIGILANCE

Communiqué de Presse


Le mercredi, 3 août 2005, les mauritaniens ont constaté, dés les premières heures de la matinée, que les forces armées nationales ont renversé, sans effusion de sang, le régime vieux de plus de vingt ans, pour le remplacer par un Conseil pour la Justice et la Démocratie, lequel a promis de gérer une période de transition, de deux ans, au plus.

Ce changement, a priori, a eu de nombreuses conséquences positives :

-Fin d’un autoritarisme, sanglant et impuni, qui a fortement fragilisé l’unité de notre peuple, suite aux tueries extrajudiciaires contre les populations négro –africaines, durant la période, 1987-1992.

-Extinction d’un système antidémocratique, qui constituait un danger pour la paix civile, par son usage structurel de la fraude et du faux, entraînant la résignation intérieure mais aussi l’aveuglement de l’opinion internationale, sur des scrutins régulièrement truquées depuis 1992.

- Chute du noyau de pouvoir tribal, auteur de prévarication et de dilapidation des biens publics, au mépris de tout contrôle de gestion et de l’indépendance de la justice.

Cependant, SOS Esclaves, bien qu’opposé, par principe, au modes de régulation du pouvoir par les armes, appelle les nouvelles autorités à prendre, d’urgence, les mesures suivantes, afin de rassurer les acteurs de la scène nationale et mériter leur caution face, à une opinion extérieure dont la réaction unanime exprime la réserve. 1- Ouverture effective et concertation, sans tabou ni censure, avec toutes les forces vives;

2- Formation d’un gouvernement d’Union Nationale pour conduire la Transition ;

3- Libération de tous les détenus d’opinion – civils et militaires et le bannissement de la torture;

4- Extension du champ effectif des libertés, à tous les secteurs de l’exercice démocratique, tels le décloisonnement des média, la reconnaissance des ONGs des droits de l’Homme et des partis Politiques.

5-Prise en considération des équilibres sociaux, afin de garantir une représentativité juste et équitable des différentes composantes de la nation, loin des habitudes hégémoniques de toujours.

6- Prise en charge d'une politique active de l'éradication de l'esclavage.

7- Un traitement juste et humain, en conformité avec les droits élémentaires, au bénéfice des personnes arrêtées dans le cadre de l’actuel mouvement d’exception.


Enfin, SOS Esclave met en garde les partenaires de la Mauritanie, contre la grave erreur de tenter ou d’encourager le rétablissement politique de l’ancien chef de l’Etat, Ould Sid’Ahmed Taya.

Pour le Bureau Exécutif
Boubacar Messaoud, Président

Nouakchott le 5 août 2000

Exterieur: Exterieur@sosesclaves.org
Afrique: Afrique@sosesclaves.org