Communiqué de Presse

Assassinat du journaliste gambien Deyda Aïdara

Dans la nuit du jeudi au vendredi 17 décembre 2004, nous avons appris, avec colère et consternation, l’assassinat, à Banjul, du journaliste correspondant de l’Agence France Presse ( AFP ) et représentant de Reporter Sans Frontière, Monsieur Deyda Aïdara ; il a été victime d’un attentat au cours duquel certains de ses proches collaborateurs furent grièvement atteints.

Dans un contexte où le gouvernement venait d’édicter de lourdes restrictions à la liberté de la presse et d’expression, Deyda Aïdara, précurseur et champion incontesté de la liberté de presse et du journalisme de profession en Gambie, membre fondateur de l’Union des Associations de Journalistes de l’Afrique de l’Ouest, apparaît comme cible toute désignée à la vindicte des forces obscures et des ennemis de la culture démocratique.

SOS-Esclaves, fermement attachée aux valeurs de l’Etat de droit :

- Condamne énergiquement le lâche meurtre de Deyda Aïdara, exprime sa vive sympathie à la famille éplorée ainsi qu’à celles de ses compagnons grièvement blessés ;
- Exige, des autorités gambiennes qu’elles fassent, promptement, la lumière sur les tenants et aboutissants de ce lâche attentat, afin que tous les auteurs et leurs commanditaires soient identifiés, jugés et sanctionnés selon les termes de la loi ;
- Assure de sa solidarité agissante l’Association des journalistes de Gambie, dans le dur combat qu’elle mène pour l’instauration d’une vraie liberté de presse dans leur pays ;
- Rappelle - après l’exécution extrajudiciaire de Jean Hélène, le correspondant de Radio France Internationale en Côte d’Ivoire, et la disparition du journaliste d’investigation Charles André Kieffer - que la diplomatie euro-africaine devrait être beaucoup plus attentive au sort des journalistes indépendants et des défenseurs des droits de l’Homme, sur le Vieux Continent.

Nouakchott, le 18 décembre 2004
Pour le Bureau Exécutif Boubacar Messaoud, Président.