Le procès des meurtriers de Amadou Mamadou Kane
Communiqué de Presse
Le procès des meurtriers de Amadou Mamadou Kane.
En ce jour, 26 juin la commémoration de la journée
mondiale contre la torture célébrée par les Nations
Unies, nous offre l’occasion de rappeler la pratique
systématiques de la torture dans toutes ses formes
particulièrement par les forces de sécurité et de
police.
L’opinion nationale se rappelle certainement des
bavures policières commises il y a bientôt un an et
qui ont eu pour résultat mort d’homme. En effet tout
le monde se rappelle que le 17 juillet 2003, le jeune
Amadou Mamadou Kane âgé de 16 ans avait succombé entre
les mains de la patrouille policière du commissariat
de Ryad-2, devant le domicile paternel. Et un mois
après c’était au tour de Oumar Diallo âgé de 25 ans de
succomber entre les mains de ses geôliers au
commissariat de la police judiciaire de Kaédi et
enterré sans la présence d’un membre de sa famille et
en pleine nuit par les autorités policières et
judiciaires.
Il est à noter que malgré la mobilisation et la
réclamation des familles des défunts, de leurs avocats
et des organisations de défense des droits de l’homme
les autorités judiciaires avaient refusé de faire
opérer des autopsies sur les corps pourtant mutilés
par les coups.
Finalement l’affaire du jeune Amadou Mamadou Kane tué
par une patrouille du commissariat Ryad-2 en juillet
2003 vient d’être plaidée devant la chambre
correctionnelle de Nouakchott le 14 juin 2004. Cette
affaire criminelle est correctionnalisée sous la seule
autorité du Procureur. Les avocats de la partie civile
ont mis l’accent sur le comportement irresponsable et
illégal des auteurs de ce crime, qui convoqués
régulièrement et dans les délais de la loi, par la
chambre correctionnelle n’ont pas daigné de se
présenter à l’audience malgré leur inculpation par le
procureur de la République et le juge d’instruction du
troisième cabinet, actuellement juge du deuxième
cabinet d’instruction.
L’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme et
SOS-Esclaves, rappellent au passage que ce dossier qui
porte le N° RP / 792 / 2003 a déjà été enrôlé et
appelé devant cette même juridiction le 14 février
2004 et cette première audience s’était soldée par un
renvoi pour non comparution des prévenus en
l’occurrence Hamza Diop et Mohamed Ould Sid’Ahmed tous
deux agents de police régulièrement affectés au
commissariat de police de Ryad-2 dont le commissaire
Mohamed Ould Ethmane a usé de tout son pouvoir pour
couvrir leur crime.
Devant le mépris de la justice et le mépris des lois
qui soutendent la Mauritanie dans le cadre du respect
à la vie et à la dignité des citoyens le refus de ces
agent de police d’obtempérer à l’injonction judiciaire
met davantage en péril la vie du citoyen mauritanien.
Ceci est encore plus grave lorsque les autorités
judiciaires qui sont obligées au nom de la loi
restituer l’équité entre les citoyens et de rendre la
justice au nom d’Allah commettent dans une insouciance
totale l’erreur en entrant dans un dilatoire pour
occulter les actes criminels des agents et autorités
policières.
En effet les avocats de la partie civile ont été
surpris de voir le président du tribunal après avoir
accepté la mise en délibéré du dossier sortir cette
affaire de son délibéré en ordonnant aux greffes de
faire convoquer régulièrement les prévenus alors que
pour ces deux dernières audiences le président avait
ordonné à son greffier d’établir des convocations pour
toutes les parties ; lesquelles convocations ont été
notifiées par huissier aux prévenus à leur domicile
et par transmission du parquet au commissariat de
Ryad-2 (cf. lettre de transmission N° 1043 / 03).
L’ AMDH et SOS-Esclaves :
- Condamnent la torture sous toutes ses formes et
réaffirment leur solidarité avec toutes ses victimes
en Mauritanie et partout dans le monde ;
- Espèrent qu’à l’audience prochaine, prévue pour le
28 juin 2004, le président de la chambre
correctionnelle, monsieur Mohamed Mahmoud Ould Teyib,
avant son départ pour un stage de formation en Italie,
rendra une décision qui non seulement aboutira à la
réparation de ce crime par ses auteurs et leur
responsable mais mettra aussi un terme à l’impunité
dont jouit la police.
Nouakchott, le 26 juin 2004
Pour l’AMDH,
Maître Fatimata M’Baye, avocat, Présidente.
Pour SOS-Esclaves,
Boubacar Messaoud, architecte, Président.