L'AMDH et SOS Esclaves répondent au Ministre de l'Information
Déclaration
Le 1er novembre 2004, le Ministre de la Communication et des Relations
avec le Parlement, porte parole du gouvernement a tenu une conférence
de presse, au cours de laquelle il a accusé nos organisations «
SOS-Esclaves et l’AMDH » d’ennemis et de comploteurs contre le pays et
à la solde de l’étranger.
Ces graves allégations du ministre de la Communication interviennent à
la suite de la diffusion, par la chaîne Al Jazeera, d’images de
prisonniers torturés, supposés être les détenus militaires actuellement
inernés à Ouad Naga. Rappelons que le 12 octobre 2004, des rumeurs
persistantes faisaient cas de ces actes de violence auxquels ils
seraient soumis (passage à tabac, Jaguar, administration de doses
élevées de drogues, dépôt dans des cachots où la température dépasse
les 40 degrés ).
En tant qu’organisation de promotions des droits humains, nous avions
interpelé les autorités sur la nécessité de permettre aux familles,
avocats, médecins et ONG compétentes, de visiter les détenus mais en
vain ; ainsi, la diffusion de ces photos, ne peut, être en aucun cas,
nous être imputée.
La campagne de dénigrement contre SOS-Esclaves et l’AMD et d’autres
organisations de défense des droits humains, orchestrée par des
personnes agissant au nom d’un rassemblement proche du pouvoir et
dénommé « collectif d’ONGs de « Défense de l’Etat de Droit , ainsi que
la sortie malheureuse du ministre de la communication, en disent long
sur la volonté des autorités de porter préjudices à notre mission.
Face à la situation préoccupante que traverse notre pays, sur le plan,
économique (détérioration du pouvoir d’achat, périle acridien, etc)
social et politique (impunité, instabilité politique, délit de parenté,
confiscation de liberté, intimidations, menaces, etc), nous invitons
les autorités mauritaniennes à favoriser l’appaisement, en inaugurant
avec l’opposition et la société civile, des solutions adéquates aux
préoccupations de l’heure.
L’AMDH et SOS-Esclaves :
· Rejetent vigoureuseument toutes les accusations infondées et
malvaillantes et dénoncent cette campagne d’intimidation visant les
militants de droits humains ;
· Réaffirment leur solidarité avec la FIDH et tous les acteurs de la
société civile nationale, régionale et internationale qui oeuvrent au
respect des droits humains ;
· Poursuivront leur vocation d’Organisations Non Gouvernementales, ayant
comme objectifs la promotion et la protection des droits humains ;
· Condamnent les atteintes à la liberté et à l’intégrité physique de
tout détenu, y compris les détenus mauritaniens, quelque soit la cause
de leur détention ;
· Invitent les mauritaniens à refuser le chantage au patriotisme,
lorsqu’il se met au service de l’arbitraire et à témoigner ouvertement
contre la torture.
· Exigent des autorités qu’elles respectent leurs engagements par
l’application des conventions et lois - internationales et régionales -
ratifié par la Mauritanie, ainsi que le respect scrupleuc des droits
que la constitution accorde aux citoyens.
SOS-Esclaves / AMDH
Nouakchott, le 03 novembre 2004