L'AMDH ET SOS ESCLAVES SOLIDAIRES DE LA FIDH

COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT AMDH/SOS ESCLAVES


Le 15 octobre, à Nouakchott, des mauritaniens, agissant au nom d'une « société civile » qui a toujours bénéficié des faveurs de l'autorité, annoncent la création d'un prétendu collectif d'ONG de « défense de l'Etat de droit ». Tous les auteurs sont membres du parti au Pouvoir où ils militent, à leur manière et selon les besoins du moment. Maintes fois, depuis des années, ils se sont distingués par la promotion du discours sécuritaire et l'hostilité au mouvement international de protection des droits fondamentaux. La plupart n'ont jamais plaidé en faveur des détenus d'opinion et aucun ne s'est distingué par une condamnation, même timide, des pratiques de la torture, ni de toute autre violation de la dignité des gens sur le territoire national.

Lors de la conférence de presse consacrée à cette initiative, les initiateurs s'en sont pris, avec violence, à l'Association Mauritanienne des Droits de l'Homme ( AMDH ), à SOS Esclaves, ainsi qu'à la Fédération Internationale des Droits de l'Homme ( FIDH ) ; quelques années plus tôt, certains d'entre eux avaient déjà signé des manifestes similaires contre Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme, Amnesty International, Anti-Slavery International. L'actuel élan de repli xénophobe devant les ONG du genre répond à des consignes explicites du régime ; il ne se manifeste d'ailleurs qu'en période d'impasse sociale majeure.

Aujourd'hui, un tel discours refait surface dans un contexte marqué par la permanence de l'impunité, sur fond d'instabilité politique, de délit de parenté, de généralisation de la responsabilité collective et de recours à la violence envers les détenus civils et militaires.

A cette occasion, nos deux ONG, toujours interdites au même titre que 10 autres rassemblées au sein du Forum National des Droits de l'Homme ( FONADH ), déclarent, en toute solennité :

- Nous réaffirmons notre vive solidarité avec la FIDH et saluons la qualité de ses efforts pour le respect de la vie et de l'intégrité des mauritaniens.
- Nous poursuivrons, sans faiblesse, notre vocation d'organisation non gouvernementales, pacifiques et humanitaires, laquelle nous dicte de condamner les atteintes à la liberté et au corps, en même temps qu'elle nous intime d'assister les victimes de l'abus de pouvoir, quels que soient le contexte et les motifs de celui-ci.
- Nous inivitons les mauritaniens à refuser le chantage au patriotisme, lorsqu'il se met au service de l'arbitraire.
- Rappelons à tous témoins, surtout aux familles des victimes, le devoir impérieux de nous communiquer, pour vérification et publication éventuelle, toute information relative à des persécutions, brutalités ou exactions, commises par les agents de la force publique, dans ou hors l'exercice de leur fonction.
- Invitons les autorités à reconnaître et traiter, par la concertation et la conformité, aux normes internationales puis aux lois internes, la crise majeure que traverse l'Etat de droit dans notre pays.

Pour l'AMDH : Maître Fatimata Mbaye, Présidente : fatimata.mbaye@voila.fr

Pour SOS Esclaves : Boubacar Messaoud, Président : afrique@sosesclaves.org

Le 20 octobre 2004